La renaissance de l’Ajax par François Sorton

La renaissance de l’Ajax par François Sorton

Un cliché un peu facile dit que «  les grandes équipes ne meurent jamais  ». Pour l’Ajax d’Amsterdam, haut lieu du football continental, la formule n’est pas vaine. Sa qualification dérisoire de facilité face à un Real KO debout, nous a rajeunis de 25 ans.

Du talent à revendre
Si les Néerlandais ont une chance de regagner un trophée qui les fuit depuis 1995, c’est peut-être la saison ou jamais.
Après le récital de Madrid, combien de joueurs vont suivre le chemin du prodige De Jong, dont on sait qu’il a signé, moyennement 100 millions au Barça, au nez et à la barbe du Paris-Saint-Germain  ? Les petites nations (14 millions d’habitants au Pays-Bas) ne peuvent pas rivaliser avec les plus grandes, faute de droits télé suffisants.
Cette démographie va inciter les prédateurs à débaucher sûrement le jeune attaquant marocain Ziyech, qui en a fait voir de toutes les couleurs à Carjaval, un des meilleurs latéraux européens. Et comment conserver l’avant-centre serbe Dusan Tadic qui a fait un match simplement époustouflant  ? Comment imaginer qu’il a pu pendant cinq ans cirer le banc de touche de Southampton  ?
L’éclat, l’intelligence des combinaisons de la jeunesse triomphante, sa démonstration technique, sa décontraction ont mystifié le tenant du titre. Troubler à ce point un milieu de terrain madrilène où Kroos et Casemiro avaient des semelles de plomb, désarçonner Varane qui ne savait plus où donner de la tête est une performance considérable. Alors que l’on nous rebat les oreilles avec les bienfaits de stratégies sophistiquées, de tactiques alambiquées, c’est un vent de fraîcheur, de pureté même qu’ont propulsé les hommes d’Erik Ten Hag, un entraîneur inconnu au bataillon dont l’unique dessein est de perpétuer une tradition et un esprit très positifs du football. Nous avons eu comme l’impression d’un bain de jouvence, c’est une vertu que le football offre trop rarement.
Quel grand tort de n’avoir pas prêté attention à cet Ajax-là, on ne se fera plus avoir  !