L'arbitrage Vidéo choisi par l'UEFA
Retour sur un article de Jean-Marc Guillou écrit en 2010

L'UEFA a décidé d'utiliser l'assistance video à l'arbitrage (VAR), alors que Michel Platini s'y était à une époque opposé.
La saison prochaine en Ligue des champions, on verra le VAR dès les barrages de C 1 en 2019-2020, au demarrage de la phase de groupes de la Ligue Europa en 2020-2021, et pour la Supercoupe d'Europe 2019.
On verra le VAR aussi en vigueur a partir de la phase de groupes de l'Euro 2020 et pour le Final Four (le tournoi final) de la Lique des nations 2021.
L'arbitrage Vidéo, voyez ce qu'écrivait Jean-Marc Guillou en 2010, il y a huit ans....prémonitoire?
IDEES


L'ARBITRAGE VIDEO UNE VRAI REMÈDE POUR LE JEU
par Jean-Marc Guillou

En ce début d'année 2010, les problèmes les plus dangereux pour le jeu, donc pour le foot, demeurent et se développent : l’anti-jeu, la tricherie et la corruption. Qu’ils s’exercent sur le terrain ou dans son environnement, ils existaient avant le football, étant inhérents à la nature égoïste et amorale de l’homme, mais on aimerait en voir beaucoup moins dans le foot.
Plutôt que de rentrer dans le délicat exercice de démontrer cette tricherie, cette corruption, ces injustices qui, comme on l'a dit plus haut font partie de la nature de l'homme en général — et ceci de plus en plus —, il est beaucoup plus efficace de se poser la question de savoir comment lutter contre cela.
La réponse nous paraît évidente améliorer l'arbitrage et mettre en place au plus tôt l'arbitrage vidéo.
Mais de quel arbitrage vidéo parlons-nous ? Est-ce comme beaucoup le croient avoir simplement recours à la vidéo un peu à l'image du rugby sur des coups ponctuels? Non, pour nous c'est insuffisant. Car cette façon de faire ne luttera pas valablement contre la suspicion qui restera à l'égard des arbitres.

Il faut penser l'arbitrage vidéo de la façon suivante :

1) Créer un nouveau corps d’arbitre appelé « Arbitre vidéo »
Les membres de ce corps deviendraient les arbitres principaux des rencontres. Ils ne seraient pas soumis à une limite d’âge mais de compétence. Ils viendraient de manière naturelle du monde du football et seraient pour une grande majorité des anciens joueurs.

2) A l’occasion de chaque journée de compétition, le jour du match, une douzaine d’arbitres vidéo seraient convoqués à la Ligue où des locaux spécifiques seraient installés pour l’arbitrage. Par tirage au sort, les arbitres seraient dirigés vers un studio où les assisteraient un ou deux techniciens. Quelques minutes avant le début du match, ils prendraient connaissance du match qu’ils auront à arbitrer (difficile d’être corrompu dans ces conditions).

3) Il y aura deux autres arbitres au stade pour les formalités d’avant match et, étant constamment reliés par audio à l'arbitre vidéo, se partageraient une moitié de terrain pendant le match.

4) Les assistants ou juges de ligne seront supprimés. L’arbitre vidéo serait l’arbitre ayant la hiérarchie la plus haute et en continuelle relation avec les deux arbitres de terrain déciderait en dernier ressort.

Les assistants signaleraient les fautes courantes et demanderaient confirmation éventuellement pour les cartons (qu’ils pourraient signifier au prochain arrêt de jeu naturel). Sauf, pour les positions de hors-jeu évidentes, l’action irait jusqu’au bout avec décision de l’arbitre vidéo à son terme.
Chaque but nécessitera la confirmation de l’arbitre vidéo. L’arbitre vidéo pourra intervenir à tous moment s’il le juge bon et prendre à l’égard de certains joueurs, des sanctions d’avertissement ou d’expulsion. Il est évident qu’il faudra pour les hors-jeu étudier le meilleur moyen de filmer pour être très précis. De cette manière, l’arbitre vidéo sera placé dans la position de celui recevant le plus grand nombre d’informations, donc le mieux à même de juger et à rendre des décisions quasi incontestables. Contrairement à ce que clament les adversaires de cette technique, il ne faudrait pas plus de temps pour prendre les décisions que maintenant et la continuité du jeu n’en souffrirait pas du tout (combien de fois avons-nous vu un arbitre siffler et réfléchir au moins dix secondes avant de décider quelle équipe allait en pâtir).

5) Enfin, chaque match ayant été enregistré, il sera facile à un comité de revoir toutes les décisions prises par l’arbitre vidéo afin d’établir un contrôle objectif et aboutir à dégager une élite d’arbitres ne commettant pratiquement aucune vraie erreur.

Ce sont là les trois remèdes nécessaires pour aboutir à un football plus clair, plus juste, sans corruption ni même de suspicion. Ils auront été trouvés grâce à la vidéo et à une réorganisation tout aussi essentielle du corps arbitral.