Le Barça suffit  ? par Simon Lebris

Le Barça suffit  ? par Simon Lebris

Un immense chantier vient de s’ouvrir pour l’équipe que nous avons tant aimée (de moins en moins). L’heure des comptes et des règlements de compte a sonné après la raclée que lui a infligée le Bayern. Esperamos y veamos. Autrement dit  : wait and see…


Nous n’avons jamais aimé le Barça. En revanche nous avons parfois plus qu’aimé le jeu de son équipe, l’orientation délibérément offensive et inventive – «  le football, c’est ça  !  » disions-nous dans un enthousiasme des plus contagieux – impulsée par Johan Cruyff puis Pep Guardiola, pour nous en tenir à un passé dont tous les amoureux du football se souviennent.
Et nous n’avons trouvé ni cruelle ni humiliante mais simplement logique et prévisible de longue date la déculottée que les Munichois ont infligée à l’impuissant Messi (pour une fois  !) et à ses partenaires. Compte tenu des circonstances, personne ne pourra dire «  J’y étais  !  », et nous-même n’avons pas suivi les péripéties de la rencontre. Laissons l’orgueilleux Barça («  Mas que un club…  ») tirer les conséquences de cette défaite historique pour lui.
On entend déjà le vent du coup de balai qui va éparpiller les membres de cette équipe vieillissante. Ils ont, au fil des entraîneurs qui l’ont dirigée, laissé filer (ou n’ont pas su en prendre conscience) les principes de jeu qui ont fait non seulement sa force mais aussi sa planétaire réputation. Quique Setien, qui ne devrait pas survivre à la débâcle du stade de La Luz, porte tout de même une lourde responsabilité  : celle d’avoir proclamé à son arrivée qu’il allait remettre à l’ordre du jour le jeu fluide, créatif, à une touche de balle, etc. qui manquait tant au Barça depuis le regretté Tito Vilanova qui avait succédé à Guardiola avant de décéder d’un cancer foudroyant.
Il nous reste pourtant en mémoire la conviction de Xavi et son inéluctable arrivée (mais quand  ?) nous en dira beaucoup sur la corrélation entre principes de jeu et joueurs pour les incarner. On ne peut s’empêcher de penser que la régression tant physique que technique de piliers tels Piqué, Busquets, Jordi Alba, les départs de Daniel Alvès et surtout de Neymar, n’ont jamais été compensés par l’arrivée des Coutinho, Arturo Vidal, De Jong ou Griezmann, paradoxalement si flamboyants dans d’autres contextes.
Les actes de contrition du président Josip Bartomeu seront de peu de poids en cas d’élections anticipées (son mandat arrive à terme l’an prochain). On parle du retour de Sandro Rosell. Ce que nous souhaiterions, nous, c’est le retour du beau jeu… à la barcelonaise  !