PSG  : demain, peut-être… par François Sorton


PSG  : demain, peut-être… par François Sorton
Le Bayern de Munich a remporté pour la sixième fois de son existence la Ligue des Champions, à la suite d’une finale plutôt enlevée. Son succès ne souffre d’aucune discussion et ne fut contesté que 45 minutes par des Parisiens quelconques. Marseille reste donc le seul club français à avoir gagné la compétition, ce qui place la France au dernier rang des pays titrés avec l’Ecosse, la Roumanie et la Yougoslavie. Demain, qui sait, le PSG viendra enrichir un palmarès rachitique.

Bravo Hansi Flick
Décidément, le football français ne change pas, n’arrive pas à sortir de son étroitesse d’esprit. Tous les «  analystes  » et «  experts  » (guillemets à dessein) estimaient que l’entraîneur allemand, Hnasi Flick, était inconscient de ne pas renforcer sa défense devant le péril représenté par Neymar et Mpappé. Ils ont une nouvelle fois perdu une occasion de se taire. Flick avait rétorqué que le meilleur moyen de les priver de ballons était que son équipe fasse le jeu et ne déroge pas à ses principes. Il avait tellement raison que les deux flèches parisiennes n’ont pas eu beaucoup de possibilités de s’exprimer et sont même passés à côté de leur match. Il était couru que sans leur duo de choc, les Parisiens ne pouvaient pas s’en sortir puisqu’ils avaient tout misé sur un jeu de contres et d’interceptions pour les servir. Le bloc du PSG était assez bas et le milieu de terrain Marquinhos,Herrera, Paredes multipliaient plus facilement les kilomètres que les passes justes. Si le club parisien dispose de quelques liquidités, recruter des joueurs plus consistants techniquement ne serait pas un luxe. L’absence de Verratti, l’un des meilleurs relanceurs du monde, fut une perte sèche pour ce PSG vaguement invertébré qui eut en plus l’infortune de tomber sur Manuel Neuer, redevenu le gardien-libero fantastique qu’il fut en Coupe du Monde 2014. Son passage à vide n’est plus qu’un lointain souvenir.

Une grosse cylindrée bien huilée
Le Bayern possède tous les atouts pour nous plaire  : un 4-3-3 très offensif avec des latéraux qui participent et de vrais ailiers, un milieu très inspiré par Thiago Alcantara (organisateur hors pair), son expression collective est intéressante, son jeu cohérent, son pressing finit par étouffer et asphyxier l’adversaire, éreinté par son intensité. Donc tout va bien  ? Oui, tout va bien, il manque juste un peu de chaleur, un peu de virtuosité, un peu de sophistication, c'est-à-dire tout ce qui fait la différence entre une équipe qu’on applaudit et une autre qui vous bouleverse, entre ce Bayern de Flick et le Barça de Guardiola. On avait aimé l’Allemagne 2014, le Bayern 2020 est son sosie, ce n’est pas le moment de jouer les rabat-joie  : les Munichois ont fait une saison sensationnelle, ils sont remplis de bonnes intentions. Le stade de Lisbonne aurait mérité mieux qu’un huis clos pour couronner un beau champion.