Expliquez-nous, Pep, on n’a pas compris  ! par François Sorton

Expliquez-nous, Pep, on n’a pas compris  ! par François Sorton

Décidément, il se passe toujours des choses en Ligue des Champions. Parfois de très belles avec le Bayern et Leipzig, parfois de très vilaines avec le Barça ou Manchester City éliminé logiquement samedi par Lyon en ayant refusé inexplicablement ce qui fait sa force  : le jeu.

Pourquoi  ?
Pep Guardiola, toute sa carrière le prouve, n’a jamais eu peur. Au contraire, il a passé son temps à inventer des concepts pour mettre hors de position ses adversaires, à les contourner. Alors, pourquoi contre Lyon, 7ème du championnat de France, a-t-il renié tous ses principes et aligné une équipe archi-défensive avec cinq défenseurs, deux numéros 6, un numéro 8 et deux attaquants  ? Oui, pourquoi a-t-il laissé sur la touche les deux Silva, l’Espagnol et le Portugais ainsi que l’Algérien Mahrez, soit trois vrais techniciens très inspirés  ? Il aurait changé son fusil d’épaule contre le redoutable Bayern qu’on n’aurait déjà pas bien compris. Mais justement a –t-il craint les Allemands au point de vouloir tester contre Lyon une équipe très prudente  pour la demi-finale qui semblait promise?
Les Mancuniens ont fait un match très maussade, truffé d’approximations, de fautes techniques. Même menés au score, ils ne sont guère sortis de leur réserve, frappés d’apathie et d’inertie. Ont-ils pêché par arrogance  ? Ce n’est jamais le cas de Guardiola qui surestime l’adversaire de peur de tomber dans la facilité. Alors  ? Les explications de l’Espagnol en conférence de presse ont été bien sommaires  :  «  Nous n’avons pas fait un assez bon match, nous essaierons de faire mieux l’année prochaine  ». Ce n’est évidemment pas une rencontre ratée qui peut faire tomber Guardiola du piédestal où il trône confortablement, mais la contre-performance n’arrive pas au bon moment.

Les mérites de Lyon
Si l’on a beaucoup insisté sur les errements de Manchester City, c’est qu’ils nous paraissaient somme toute plus conséquents que les vertus attendus de solidarité, de combativité et de l’aptitude au contre des Lyonnais, meilleurs que contre la Juve dans la tenue du ballon. On savait que les Lyonnais allaient défendre bas et tenter de jouer à fond les quelques coups qui se présenteraient. Leur copie a été conforme à leurs espérances. Aouar a été un premier relanceur remarquable, sa performance d’ensemble a été ébouriffante et le jeune Coqueret l’a bien aidé. Pour la deuxième fois de son histoire, Lyon s’est donc invité dans le dernier carré de la Ligue des Champions et l’on se dit que les Lyonnais ont dû y mettre beaucoup du leur pour pointer à la septième place du championnat à l’heure du coronavirus qui sonna leur glas.

France-Allemagne en demie
Deux clubs français en demi-finales de la compétition (PSG-Leipzig et Lyon-Bayern), c’est une première et même un miracle si l’on veut bien admettre que ce privilège est réservé aux Anglais, aux Espagnols, aux Italiens, aux Allemands (comme c’est le cas cette saison pour ces derniers), c'est-à-dire aux championnats qui comptent. Le football français va se pousser du col et donner dans une autosatisfaction illégitime, son imposture préférée. Il aurait tort d’oublier que ce qui caractérise le mieux nos clubs, c’est d’avoir la trouille et de trébucher en Ligue Europa contre le premier venu slovène ou hongrois. Ce 15 août fut donc son jour de gloire. Quand le championnat va débuter, notre pensum va recommencer. A moins qu’on se trompe, ce serait un si bel étonnement  !