La Ligue 1 en grève illimitée par François Sorton

La Ligue 1 en grève illimitée par François Sorton
Le championnat de France a largement devancé le mouvement de grève hivernal. Le jeu de football était aux abonnés absents en août et le restera jusqu’en mai. C’est une grève dure avant quelques semaines de repos et de répit cet été.

Plus bête, tu meurs

Hormis le PSG, pas tout à fait dans la même galaxie, qui peut être très bon _ trop rarement_ , aucune équipe de la Ligue 1 ne mérite un intérêt quelconque, à peine un regard discret. C’est une compétition d’une bêtise et d’une laideur absolues où quelques éclairs s’enfouissent sous une avalanche de médiocrité, de petitesse, d’avarice, de calculs d’apothicaire. Deux équipes étaient taillées pour tenir un rang digne  : Lyon et Monaco. Lyonnais et Monégasques se sont mis au diapason et ont réalisé une première partie de saison calamiteuse. La suite ne peut être que meilleure. Marseille est donc un dauphin du PSG par défaut plus que par mérite. On a vite fait le tour de la question. On pourrait apporter des nuances, dire que tout n’est pas si noir, qu’à Rennes a peut-être éclos un phénomène en la personne de Camavinga (n’allons pas trop vite toutefois), qu’à Lyon Aouar est un grand footballeur  ; ces restrictions ne sont qu’un grain de sable dans un océan de mesquinerie.

Obsession
Si un martien débarquait sur un stade de foot, il pourrait penser que le but du jeu de football est de mettre le ballon dans les filets de l’adversaire. Il se tromperait  : le but du jeu est de les préserver intacts. Leitmotiv des entraîneurs sous forme de lapalissade  : «  Tant qu’on n’a pas encaissé de but, on gagne au moins un point  ». Des buts, il y en eu 467 à mi-parcours soit le très faible moyenne de 2,5 par match. Il est vrai qu’il n’est pas facile d’en marquer  : toutes les équipes sont verrouillées par un double cadenas composé de deux rideaux défensifs très denses difficiles à contourner, d’autant plus que la nature et le profil des joueurs ne s‘y prêtent pas. Attaquer en première intention n’étant une priorité pour personne (Nantes voudrait mais n’y arrive pas), on s’en remet aux coups de pied arrêtés, aux bourdes défensives, aux contres quand il y a un peu d’espace. C’est un football à la petite semaine à l’état d’esprit vicié par la peur et c’est un football qui perd. En Ligue Europa, les clubs français sont ridiculisés et sombrent devant des équipes du tiers-monde footballistique. Alors oui, ce football est le football d’un pays champion du monde et les entraîneurs de Ligue 1 voudraient être des clones de Deschamps. Mais ils n’ont pas de Griezmann ou de M’Bappé. Alors, ils offrent un spectacle parfois pitoyable ponctué par des 0-0 sans aucune occasion de but (ce n’est pas rare). Non, franchement, on le regrette, il n’y a rien qui puisse séduire le passionné moyen, si ce n’est un classement évolutif où tout le monde se tient par la barbichette. Le suspense d’une très mauvaise série B pour tout bagage, le voyage va être long.