Liga  : Le Real (petit) champion, le Barça (grand) vaincu par François Sorton

Liga  : Le Real (petit) champion, le Barça (grand) vaincu par François Sorton
A saison erratique pour cause de coronavirus, petit champion. Le Real n’aura pas sorti le grand jeu pour être couronné et le Barça aura rarement été aussi emprunté pour être un dauphin poussif.

On prend les mêmes et on recommence

Si Cristiano Ronaldo n’est plus madrilène, il a trouvé son remplaçant, qui n’est pas un remplaçant au rabais, non un remplaçant digne  : Karim Benzema. Le Français a réalisé une magnifique saison en rayonnant sur son équipe. Non seulement il a marqué 21 buts mais son empreinte technique a toujours mis les Madrilènes dans le bon sens. Son répertoire est si vaste qu’on se demande s’il n’est pas simplement le meilleur avant-centre du monde en ce moment. Lewandovski marque beaucoup de buts au Bayern mais il ne fait que ça, Suarez est vieillissant au Barça, Agüero souvent blessé à Manchester City, Cristiano ne fait pas une grande saison à la Juve, Salah et Mané terminent péniblement la saison avec Liverpool. Alors oui, Benzema, si altruiste, intelligent, élégant, n’a personne à envier. Le meilleur avant-centre du monde, si l’on en croit Didier Deschamps, ne mérite pas le pardon et doit donc courber l’échine devant Olivier Giroud, remplaçant à Chelsea. C’est un affront considérable pour le football et une condamnation à perpétuité injuste.

Le Real a été plus solide que brillant, plus pragmatique qu’inventif, plus calculateur qu’audacieux. Eden Hazard indisponible une grande partie de l’année, les Madrilènes ont présenté exactement la même équipe que lors de la saison 2015-2016, Ronaldo en moins et personne en plus. Zidane en a fait un bloc uni, imperméable aux secousses hivernales qui avaient laissé imperturbable l’entraîneur français. On préférait le Zidane joueur au Zidane entraîneur mais cumuler ainsi les titres n’est pas à la portée du premier venu.

Barcelone méconnaissable
Qu’est devenu ce  Barça qui fut peut-être au temps de Guardiola la meilleure équipe de football depuis l’existence de ce jeu (pour nous, le peut-être est superflu)  ? Pas grand-chose. Les joueurs sont émoussés, le jeu pataud, Messi est l’arbre qui cache la forêt, le climat est délétère, Griezmann et De Jong ont manqué leur apprentissage, il va y avoir du grabuge à l’intersaison. Depuis Guardiola, six entraîneurs se sont succédé sur le banc  : Vilanova (disparu prématurément car il incarnait le Barça), Roura, Martino, Enrique, Valverde, Setien. Ils ont eu un désir  : perpétuer le jeu unique du Barça mais un souci  : aucun n’y est parvenu. Et c’est ainsi que Guardiola est grand, si grand…